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Parental Responses to School-aged Children’s Sibling Conflict / Réponses des parents aux conflits entre frères et soeurs d’âge scolaire

Référence

Jenkins Tucker, C., & Kazura, K. (2013). Parental Responses to School-aged Children’s Sibling Conflict. Journal of Child and Family Studies, 22(5), 737-745. DOI: 10.1007/s10826-013-9741-2.

Résumé

Les disputes entre frères et sœurs d’âge scolaire sont courantes. Elles sont positives dans la mesure où l’intervention des parents permet aux enfants d’acquérir des compétences en résolution de conflits qui favorisent leur bien-être psychologique et physique. Les trois objectifs poursuivis par cette étude étaient : 1) identifier et comparer les stratégies d’interventions parentales dans les conflits entre leurs enfants; 2)  vérifier s’il existe une relation entre les stratégies d’interventions parentales et les caractéristiques des enfants en conflits (selon la différence d’âge, le sexe et l’âge de l’instigateur du conflit) et 3) évaluer le lien entre les stratégies d’intervention parentales et la qualité de la relation entre leurs enfants et leur bien-être psychologique et physique.

 

Un des deux parents de quatre-vingt-deux familles volontaires (83% = mères) du New Hampshire aux États-Unis a répondu à un questionnaire anonyme à l’école de leurs enfants. L’écart d’âge moyen entre les enfants était de 2,68 ans, l’âge moyen pour les ainés était de 9,84 ans et de 7,16 ans pour les cadets. Des informations sociodémographiques ont été recueillies en plus des informations relatives aux conflits entre leurs enfants. Trois stratégies d’interventions comportant chacune des sous-catégories ont été identifiées : 1) la stratégie de la non-intervention (ignorer, essayer de ne pas s’en occuper); 2) la stratégie centrée sur l’enfant (enseigner l’enfant à négocier, lui expliquer les sentiments que l’autre peut ressentir) et 3) la stratégie de l’agression physique (encourager l’enfant à répliquer par l’agression physique, dire à l’enfant que l’agression physique est normale entre frères et sœurs, dire à l’enfant que ces agressions physiques sont correctes car elles le rendent plus fort). L’effet de ces stratégies a été évalué à partir des comportements prosociaux (ex. : l’enfant aide les autres) et des signes d’état dépressif (ex. : l’enfant ne rit pas), à partir de leur santé physique (ex. : trouble du sommeil) et de la qualité de ses relations dans la fratrie (ex. : chaleureuse, rivalité, conflictuelle).

 

Les résultats montrent que la stratégie centrée sur l’enfant est la plus fréquemment utilisée par les parents, suivie de celle de la non-intervention. L’analyse des résultats permet de constater que les stratégies centrées sur l’enfant favorisent les relations harmonieuses et que celles centrées sur la non-intervention sont associées négativement pour l’ainé aux comportements prosociaux et à sa santé physique. Ces stratégies sont associées positivement pour l’ainé et le cadet aux états dépressifs. Les stratégies d’agression physique sont associées négativement avec la santé physique de l’ainé et du cadet et avec des états dépressifs chez l’ainé. Le recours à ces deux dernières stratégies est associé positivement avec des relations de rivalité et des relations conflictuelles entre frères et sœurs. Les auteurs concluent de manière générale que les effets négatifs des stratégies de non-intervention et de celles qui encouragent l’agression physique pourront contribuer à mettre un terme à la transmission intergénérationnelle des stratégies dysfonctionnelles de résolution de conflits entre frères et sœurs.

Axe
Axe 3 : La famille et la collectivité