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Multilevel Examination of Peer Victimization and Bullying Preventions in Schools / Analyse de plusieurs niveaux de victimisation par les pairs et de la prévention de l'intimidation dans les écoles

Référence

Consulter la version complète de l'article (en anglais uniquement) à :

 

Jeong, S. & Hyun-Lee, B. (2013). A Multilevel Examination of Peer Victimization and Bullying Preventions in Schools. Journal of Criminology, ID 735397. doi : 10.1155/2013/735397.

Résumé

Bien que de nombreuses recherches suggèrent une tendance à la baisse des différents types de victimisation par les pairs chez les enfants d'âge scolaire, Jeong et Hyun-Lee signalent que l'intimidation demeure un problème grave dans les écoles, car elle a un impact important sur la santé physique et mentale des jeunes ainsi que sur leur développement social. L’objectif de l’étude est d’examiner l’influence des facteurs individuels et scolaires sur la victimisation. Plus précisément, cette étude vise à confirmer ou infirmer les hypothèses suivantes : les caractéristiques individuelles (origine ethnique, sexe, âge, soutien parental et par les pairs et la pression scolaire) ainsi que les caractéristiques scolaires telles le climat de sécurité évalué exclusivement par l’utilisation de mesures de sécurité (caméras vidéo, détecteurs de métaux, fouille de sac et policier en habits à l’école) diminuent le risque d’être victime d’intimidation à l’école.

 

Les auteurs ont analysé les données de la Health Behavior in School-Aged Children (2005-2006). L'échantillon de cette recherche se composait de 7001 élèves âgés entre 12 et 18 ans de 195 écoles. Aux fins de la présente recherche, les variables à l’étude (victimisation par les pairs et climat de sécurité) ont été analysées en fonction des caractéristiques sociodémographiques et opérationnalisées comme des variables dichotomiques où, pour la variable mesurant la victimisation, 0 indiquait « non-victime » et 1 « victime d’intimidation physique ou émotionnelle ». Pour la variable climat de sécurité, le chiffre 1 reflète l’utilisation de ces mesures à l’école. Plus l’établissement possédait un grand nombre de ces mesures physiques de sécurité, plus son score était élevé sur l’échelle de sécurité à l’école, telle que mesurée dans cette étude.

 

En ce qui concerne la première hypothèse de recherche, les résultats obtenus indiquent que l’âge et le sexe sont d’importants facteurs de prédiction de la victimisation d’ordre physique et émotionnelle. Les élèves plus âgés sont moins à risque d’être victimes d’intimidation que les plus jeunes. Par ailleurs, les garçons sont plus à risque d’être victimes d’intimidation physique tandis que les filles sont plus susceptibles d’être victimes d’intimidation émotionnelle. Le manque de soutien parental, de même que des relations conflictuelles sont aussi d’importants prédicteurs de la victimisation dans les écoles. Finalement, la pression scolaire a un effet sur la victimisation émotionnelle. En fait, un élève confronté à une forte pression scolaire (ex. : pression à la performance et à la réussite) est plus susceptible de vivre des émotions négatives et d'être impliqué dans des situations d'intimidation, comme agresseur et/ou victime, comparativement à ceux ayant un faible niveau de pression scolaire. Ces résultats sont cohérents avec d’autres recherches précédentes et confirment l’hypothèse de départ.

 

Quant à la deuxième hypothèse sur l’influence de programmes et de mesures de sécurité sur le risque de victimisation à l’école, elle n'a pas été confirmée par les résultats de l'étude. Contrairement à cette présomption, les conclusions de Jeong et Hyun-Lee indiquent que l’utilisation de ces mesures (ex. : programme d’intervention contre l’intimidation, caméras de surveillance, fouille, détecteurs de métaux, etc.) pour prévenir l’intimidation à l’école est liée à une augmentation de la victimisation par les pairs. Selon les auteurs, le fait que les établissements ayant un programme d’intervention montrent un plus haut niveau de victimisation peut s’expliquer parce que certaines politiques de prévention (ex. : la tolérance zéro) se sont avérées inefficaces pour réduire la victimisation à l’école.

 

Certaines limites sont associées à cette étude. Le fait d’avoir un programme d’intervention ne permet pas d’identifier ce programme, ni de savoir de quelle façon il a été implanté. L’utilisation d’une méthode dichotomique restreint la compréhension de l’influence de cette mesure. Par ailleurs, le fait de mesurer le climat de sécurité avec exclusivement des items liés à la sécurité physique pose aussi problème, car il ne mesure pas le sentiment de sécurité exprimé par les élèves à l’école. D’autre part, comme les analyses se centrent uniquement sur l’intimidation physique et émotionnelle, les chercheurs ne sont pas en mesure d'examiner le caractère distinct des différentes formes d'intimidation et de leurs relations avec d'autres facteurs.

 

L'étude conclue donc que les variables sexe, âge, soutien parental, soutien des pairs, et pression scolaire sont toutes liées avec la victimisation par les pairs et que plus il y a de mesure physiques de sécurité dans l’école (caméras de surveillance, détecteur de métal, fouille des sacs, policier en habit, etc.) plus élevé est le niveau de violence entre les élèves. Les auteurs suggèrent que les recherches futures devraient se concentrer sur l’utilisation d’une approche préventive globale, les efforts de prévention doivent aller au-delà des facteurs de risque individuels et mettre l'accent sur un changement systémique au sein des écoles. En outre, étant donné que l'intimidation est un problème relationnel, les recherches futures doivent mieux cerner la nature et la dynamique de l’intimidation à l’école afin de développer des politiques de prévention en conséquence.

 

Axe
Axe 2 : Le milieu scolaire et son organisation