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Pratiques numériques, perception de la violence en ligne et victimation chez les étudiants

Référence

Berthaud, J., & Blaya, C. (2015). Pratiques numériques, perception de la violence en ligne et victimation chez les étudiants. Recherches en Éducation, 7, 146-161.

Résumé

L’émancipation du réseau a conduit tout un chacun à disposer de savoir-être spécifiques et à la création d’une identité numérique, pensée de façon à correspondre aux exigences du cyberespace. Si ces pratiques numériques peuvent apparaître favorables à l’acquisition de compétences sociales, il apparaît toutefois qu’un usage inapproprié ou excessif peut avoir des effets moins positifs car exposant davantage les utilisateurs aux dangers de l’espace numérique. L’objective de cette étude était d’estimer l’ampleur de la victimation en ligne chez les étudiants universitaires, autrement dit la part de victimes et d’auteurs de cyberviolence, en lien avec leurs caractéristiques individuelles et leurs pratiques numériques, ainsi que d’évaluer leurs propres perception et représentation du phénomène. L’échantillon se composait de 1125 étudiants (93% avaient entre 17 et 24 ans) issus de deux universités françaises (70% des participantes étaient des femmes).

 

Les résultats de cet article tendent à confirmer l’existence du phénomène chez les étudiants et rejoignent les travaux disponibles dans la littérature internationale qui rendent compte d’une continuité du risque de victimisation à l’université. De manière générale, environ quatre étudiants sur dix ont déclaré avoir subi au moins une forme de violence en ligne de manière ponctuelle durant l’année (mail, sms, happy slapping, appels, photo/vidéo, blogue/réseau social, usurpation), un étudiant sur dix rapporte en avoir subi plusieurs fois par mois ou plus, et cinq étudiants sur dix ne sont pas concernés. La grande majorité d’étudiants déclare n’avoir jamais été auteurs de violence via les TIC (technologies d’information et de communication). Les résultats révèlent également qu’un peu plus de la moitié des étudiants ayant déclaré avoir subi une ou plusieurs formes de victimisation en ligne ne se sent pas concernée par les questions abordant l’impact de ces violences sur leurs études et leur bien-être. Pour conclure, ces chercheurs considèrent que ces résultats invitent à poursuivre les analyses afin d’informer les décideurs sur les solutions à apporter pour lutter contre ce phénomène, en s’inspirant de mesures déjà existantes dans le milieu éducatif préuniversitaire.

Axe
Axe 1 : Les individus concernés par le phénomène