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Quand on t’agresse, t’es de quel genre ? Etude des réactions des élèves confrontés à une situation potentiellement violente en fonction du sexe, du niveau de classe et du type d’établissement

Référence

Joing-Maroye, I., & Debarbieux, E, (2013). Quand on t’agresse, t’es de quel genre ? Etude des réactions des élèves confrontés à une situation potentiellement violente en fonction du sexe, du niveau de classe et du type d’établissement. Recherches et Educations, 9, 43-61.

Résumé

L’objet de cette étude était d’analyser les réactions des élèves confrontés à une situation insatisfaisante (potentiellement violente) en fonction du sexe. Cette variable a été associée à celle du niveau de classe (degré scolaire) et du type d’établissement. Trois mille six cent quatre-vingt-neuf élèves (1845 filles et 1844 garçons) issus de 33 établissements scolaires du nord de la France (collèges et lycées) ont participé à l’étude. L’ensemble des participants ont complété un questionnaire construit en deux parties. La première partie visait à recueillir les informations relatives au niveau de classe et au sexe. La deuxième partie était composée de six questions à choix multiples (et à réponse unique) dont trois sont des mises en situations concrètes (incidents critiques).

 

Les résultats montrent que confrontés à une situation insatisfaisante en milieu scolaire, les filles et les garçons ont tendance à réagir différemment. D’une manière générale, les filles semblent plus orientées vers le respect des normes scolaires en proposant des réponses conformes aux attentes institutionnelles. Même si la situation est dérangeante, elles déclarent pour la plupart rester calmes. Cependant, une proportion non négligeable de filles (de 20% à 50% en fonction de la situation et du niveau de classe) déclare réagir de manière brutale. Selon Joing-Maroye et Debarbieux, la violence des filles n’est donc pas si marginale et doit être considérée. Les garçons se distinguent des filles en adoptant plus largement des réactions émotionnelles basées sur la force, la violence physique et/ ou verbale. Ces chercheurs soulignent que ces différences de réaction entre les filles et les garçons s’exercent essentiellement lorsqu’il s’agit d’une situation insatisfaisante mettant en scène plusieurs élèves. Lorsqu’il s’agit d’une insatisfaction provenant du fonctionnement institutionnel (injustice ; défaillance institutionnelle liée à un manque de pupitres), les élèves, filles et garçons, réagissent globalement de la même manière et adoptent une attitude plus conforme aux attentes de l’école en acceptant plus facilement la situation. Il semble donc que les violences entre élèves soient vécues plus difficilement par les élèves, notamment les garçons, que les « violences » émanant de l’institution. Les auteurs concluent en mentionnant que ces résultats invitent à réfléchir quant à la priorité des actions préventives en matière de violence à l’école.

Axe
Axe 1 : Les individus concernés par le phénomène