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The potential of forgiveness as a response for coping with negative peer experiences./ Le potentiel de pardonner comme réponse à une expérience négative avec ses pairs.

Référence

Flanagan, K.S., Vanden Hoek, K.K., Ranter, J.M., Reich, H.A. (2013). The potential of forgiveness as a response for coping with negative peer experiences. Journal of Adolescence, 35(5); 1215-1223. DOI : 10.1016/j.adolescence.2012.04.004

Résumé

Pour les jeunes adolescents, être la cible de taquineries ou de rejet par les pairs constitue une expérience stressante et négative qui provoque chez plusieurs de la détresse émotionnelle, de l’isolement, de l’anxiété sociale et une diminution de leur confiance en soi. Cependant, ce ne sont pas tous les adolescents qui sont ainsi affectés. Certains adolescents qui possèdent une plus grande maturité émotionnelle, cognitive et sociale ont recours à la stratégie du pardon ou de l’indulgence pour dominer ces situations. Comme les premières années du secondaire coïncident avec le développement des compétences sociales, émotionnelles et cognitives, plusieurs adolescents s’infligent des souffrances en raison de leur manque de compréhension de la complexité des relations sociales.

 

L’échantillon de cette recherche est composé de 616 adolescents de la 6e à la 8e année (54 % de garçons) d’une école du Midwest des États-Unis. Cette recherche identifie les raisons qui expliquent le recours à la stratégie du pardon de même que son effet sur les sentiments, les comportements et les pensées au sujet d’expérience d’intimidation. Les chercheurs ont ainsi analysé les réponses portant sur les stratégies d’adaptation utilisées par les adolescents pour faire face à des situations d’intimidation comme 1) la résolution de conflit (parler seul à seul avec le jeune responsable, prendre son temps avant de répondre), 2) se distancier (se faire croire que rien n’est arrivé), 3) se dire que cela ne vaut pas la peine de s’en préoccuper, 4) chercher de l’aide et du support ou encore 5) imaginer sa revanche. À partir d’un souvenir d’une situation d’intimidation récente, les adolescents devaient aussi se remémorer les sentiments éprouvés sur un choix de réponses gradué de 1 (bouleversé) à 10 (confiant). L’état des relations actuelles avec l’adolescent qui les a blessé était aussi évaluée sur la même échelle de 1 (Je ne lui parle plus) à 10 (Je suis toujours son ami), de même que le jugement porté sur leur harceleur allant de 1 (il est méchant) à 10 (c’est une bonne personne). Les moyennes calculées permettaient d’évaluer le niveau de pardon.

 

Les résultats indiquent que les filles, comparativement aux garçons, sont plus enclines à avoir recours au pardon, à la résolution de conflit et à la recherche de conseil et moins souvent à la revanche. Le pardon est associé chez les victimes à moins de rumination, de sentiments de culpabilité, de honte, de colère. Les victimes qui ont recours au pardon possèdent une plus grande confiance, une meilleure estime d’eux-mêmes et un faible niveau d’anxiété sociale. Chez l’agresseur/victime, le point de vue adopté et l’empathie impliquée dans une stratégie de pardon ont un effet sur les biais d’attribution, la colère, et le désir de vengeance ce qui peut permettre de briser le cycle de la violence. Le développement cognitif en relation avec le pardon implique entre autres d’aider les adolescents à identifier leurs perceptions erronées et à agir sur leurs ruminations. Les chercheurs concluent que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour pousser plus loin leurs découvertes sur la question du pardon comme une stratégie d’adaptation lorsqu’on est victime d’intimidation.

Axe
Axe 1 : Les individus concernés par le phénomène