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What do kids think about sexting?

Référence

Gewirtz-Meydan, A., Mitchell, K. J., & Rothman, E. F. (2018). What do kids think about sexting?. Computers in Human Behavior86, 256-265.

Résumé

Le fait que les jeunes utilisent les nouvelles technologies pour envoyer ou diffuser des images sexuellement explicites d’eux-mêmes ou d’autrui à leurs pairs est un constat qui préoccupe de plus en plus la population. Cette pratique est connue sous le nom de sextage et implique l'enregistrement numérique d'images explicites ou sexuellement suggestives et la distribution par messagerie mobile ou par Internet, par exemple via des sites de réseaux sociaux (Facebook, MySpace, Twitter, Instagram et YouTube, par exemple). Cependant, le sextage est un phénomène remarquablement varié en termes de contexte, de sens et d'intention, avec le potentiel d'aspects consensuels et non consensuels de l'activité. Bien que la recherche sur le sujet ait augmenté ces dernières années, la majorité des études se concentrent sur le comportement et mesurent l'implication dans le sextage, plutôt que les attitudes envers cette pratique. Ainsi, le but de la présente étude est donc d’élargir la compréhension du sextage en étudiant les attitudes des adolescents envers cette activité.

 

Alors, utilisant un échantillon national de 1560 jeunes internautes âgés de 10 à 17 ans, la présente étude examine les attitudes, les croyances et les convictions quant à l’impact du sextage ainsi que la probabilité que les jeunes le signalent aux autorités. Les résultats indiquent que 86% des jeunes considèrent le sextage comme un crime. Comparativement aux jeunes qui ne pratiquent pas le sextage, les jeunes qui participent à ces activités sont moins susceptibles de considérer cette pratique comme un crime et ne croient pas que celle-ci peut nuire à leurs chances d'obtenir un emploi ou à leurs relations sociales, familiales et amoureuses. Les résultats montrent aussi que les garçons et les jeunes plus âgés (13-17 ans) ont une attitude plus favorable envers le sextage que les filles et les plus jeunes (10-12 ans). Les garçons sont également moins susceptibles de signaler le sextage aux autorités (enseignants, parents, police) et de discuter avec leurs amis afin de les empêcher de sexter. Finalement, les jeunes qui ont déclaré avoir consommé de la drogue, avoir déjà eu des rapports sexuels et une consommation intentionnelle de pornographie étaient moins susceptibles de penser que le sextage nuit aux amitiés ou aux relations et de signaler cette pratique que les jeunes non impliqués dans ces activités.

 

En conclusion cette étude a révélé qu'il était rare que les jeunes disent qu'ils signaleraient le sextage à la police, aux enseignants et aux parents, indépendamment de leur implication personnelle (à quelques exceptions près). Cette constatation est intéressante, car une grande partie des programmes de prévention de la victimisation reposent sur le fait de demander aux jeunes de se présenter aux autorités scolaires et aux parents.

Axe
Axe 2 : Le milieu scolaire et son organisation,
Axe 4 : Les politiques publiques et les médias