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Violences sexuelles en milieu universitaire au Québec: Rapport de recherche de l’enquête ESSIMU

Référence

Bergeron, M., Hébert, M., Ricci, S., Goyer, M.-F., Duhamel, N., Kurtzman, L., Auclair, I., & al. (2016). Violences sexuelles en milieu universitaire au Québec: Rapport de recherche de l’enquête ESSIMU. Montréal: Université du Québec à Montréal.

Résumé

Ce document présente les résultats d’une recherche menée en 2016 auprès de la communauté de 6 universités québécoises : Université du Québec à Montréal, Université de Montréal, Université Laval, Université de Sherbrooke, Université du Québec en Outaouais et Université du Québec à Chicoutimi. Cette recherche vise à dresser un portrait de la situation de la violence sexuelle en milieu universitaire (VSMU) et s’inscrit dans le contexte actuel marqué par les dénonciations et la médiatisation du phénomène tant aux États-Unis qu’au Canada. Les chercheures mentionnent l’absence de données à ce sujet pour rendre compte du phénomène dans les universités québécoises.

                                                                                   

Entre janvier et mai 2016, 9 284 personnes travaillant ou étudiant dans les six universités participantes ont rempli un questionnaire portant sur différents aspects du problème de la VSMU.  Les résultats montrent que la violence sexuelle dans les universités québécoises est bel et bien présente : 36,9% des répondants affirment avoir vécu au moins un incident de VSMU depuis leur entrée à l’université et 24,7% disent avoir été victimes de VSMU au cours de l’année précédente. Les personnes les plus touchées sont les femmes, les personnes provenant des minorités sexuelles et de genre, ainsi que les personnes ayant un handicap ou des problèmes de santé. Les conséquences des violences sexuelles en milieu universitaire affectent plusieurs aspects de la vie des victimes : la réussite scolaire et la vie professionnelle peuvent être compromises, mais aussi la vie personnelle, sociale et la santé physique. Une approche féministe est préconisée pour analyser la problématique.

 

Cette recherche a permis d’obtenir un volume important de données à jour sur la VSMU au Québec. Étant donné qu’il s’agit d’un échantillon de convenance provenant de six universités et qu’aucune pondération n’a été effectuée pour permettre d’en assurer la représentativité, les résultats ne peuvent être généralisés à l’ensemble de la population travaillant ou étudiant dans les universités québécoises. Cependant, les données recueillies permettent de mieux comprendre la situation et de proposer des recommandations pour guider les actions selon six axes :  1) la politique et le plan d’action s’adressant aux décideurs institutionnels; 2) l’environnement sécuritaire; 3) la sensibilisation, entre autres, par l’entremise de campagnes; 4) l’éducation et la formation auprès de tous les intervenants et des témoins potentiels d’actes de violence sexuelle; 5) l’intervention grâce à la disponibilité de ressources spécialisées et à la responsabilisation des personnes qui commettent des actes de violence sexuelle; 6) la recherche et son financement.

Axe
Axe 2 : Le milieu scolaire et son organisation